PPG course à pied : la séance en circuit et le bloc de 6 semaines

Entraînement · Préparation physique

PPG course à pied : la séance en circuit et le bloc de 6 semaines

Coureuse posant le pied droit sur un banc de pierre pour une montée sur banc, au bord du canal du Midi près de Toulouse, tapis de gainage au sol

La PPG, ou préparation physique générale, est la phase de la saison où le coureur construit sa base de force avant de travailler la vitesse. En course à pied, elle prend la forme de 2 séances par semaine de 35 à 55 minutes, souvent en circuit, avec des exercices au poids du corps (squats, fentes, gainage, mollets, petits sauts), pendant 4 à 8 semaines avant le début d’un plan d’entraînement. Elle ne remplace pas les footings, elle s’y ajoute. Ce que la recherche montre, c’est qu’un travail de force régulier améliore l’économie de course, donc la vitesse tenue pour un même effort. Voici la séance type, un bloc de 6 semaines prêt à suivre et la manière de la caser dans votre semaine.

Cette page traite d’entraînement, pas de santé. La PPG prépare à courir, elle ne soigne rien : si une douleur apparaît pendant un exercice, arrêtez-le, et si elle persiste, faites-la examiner par un médecin avant de reprendre.

PPG et PPS : définition et différence avec le renforcement

Le terme vient de la planification de l’entraînement héritée de l’athlétisme : la saison commence par une préparation générale, qui développe les qualités physiques de base sans chercher à ressembler à la course, puis passe à une préparation spécifique, qui transforme ces qualités en vitesse de course. Dans les clubs français, on parle de PPG l’hiver ou à la reprise, et de PPS à l’approche des compétitions.

Concrètement, la PPG travaille les muscles qui encaissent chaque foulée (fessiers, quadriceps, ischio-jambiers, mollets, muscles du pied) et ceux qui stabilisent le bassin et le tronc. Les exercices sont simples et se font souvent sans matériel. La PPS, elle, utilise des formes proches du geste de course : côtes, gammes athlétiques, bondissements, accélérations.

PPG, PPS et musculation : comparaison
PPGPPSMusculation en salle
Objectifbase de force généraletransférer la force en vitesse de courseforce maximale et puissance
Exercicessquats, fentes, gainage, mollets, petits sautscôtes, gammes, bondissements, pliométriesquat, soulevé de terre, presse, avec charges
Matérielaucun ou presqueune côte, une pistebarre, haltères, machines
Périodedébut de saison, reprise, intersaison4 à 8 semaines avant l’objectiftoute l’année, selon le plan
Fréquence2 séances par semaine1 à 2 séances intégrées aux sorties1 à 2 séances par semaine

La PPG n’est donc pas un exercice précis, c’est une période et une intention. Le renforcement musculaire du coureur et la musculation pour coureur détaillent les exercices eux-mêmes ; cette page explique comment les organiser en PPG.

Pourquoi faire de la PPG : ce que disent les études

L’effet le mieux établi concerne l’économie de course, c’est-à-dire la quantité d’oxygène consommée à une vitesse donnée. Plus elle est basse, plus vous courez vite pour le même effort.

Une méta-analyse publiée en 2016 dans le Journal of Strength and Conditioning Research a retenu 5 essais contrôlés menés sur 93 coureurs de demi-fond et de fond de haut niveau : un programme de force de 2 à 3 séances par semaine pendant 8 à 12 semaines a eu un effet favorable important sur l’économie de course. Les programmes étudiés restaient modestes : 2 à 4 exercices de jambes, des sauts et quelques sprints courts.

Une revue systématique publiée en 2018 dans Sports Medicine a analysé 24 études chez des coureurs ayant au moins six mois de pratique : l’économie de course s’améliore généralement de 2 à 8 % par rapport à des coureurs qui ne font que courir. Et dès 1999, une étude finlandaise menée sur des coureurs entraînés avait montré qu’en remplaçant environ un tiers de leur volume par du travail de force explosive pendant 9 semaines, ils amélioraient leur temps sur 5 km, sans gain de VO2max : le progrès venait de la foulée, pas du moteur.

Sur les blessures, le constat est plus prudent. Une méta-analyse de 2014 portant sur 25 essais montre que les programmes de renforcement réduisent nettement les blessures sportives, mais tous sports confondus, et pas spécifiquement chez les coureurs à pied.

En pratique : faites de la PPG pour courir plus économiquement et mieux tenir les séances dures. Ce n’est ni une assurance contre les blessures, ni un substitut au volume de course.

Quand faire la PPG dans la saison

La PPG a sa place à trois moments :

  • À la reprise, après une coupure de 2 à 4 semaines : elle réhabitue les muscles et les tendons au travail avant de recharger les kilomètres.
  • À l’intersaison, entre la dernière course de l’année et le début du plan suivant : c’est la période classique des clubs, souvent l’hiver.
  • Avant un plan de 10 km, de semi ou de marathon, sur les 4 à 8 semaines qui précèdent : elle prépare le corps à encaisser le fractionné et les sorties longues.

Pendant le plan d’entraînement lui-même, la PPG ne disparaît pas : elle passe à une séance d’entretien par semaine, plus courte (20 à 25 minutes), et elle s’arrête 7 à 10 jours avant la course pour laisser jouer l’affûtage. Ce découpage applique le principe de la surcompensation : la charge de force se place quand le corps a le temps de s’y adapter, pas dans la dernière ligne droite.

La séance de PPG en circuit : 10 exercices

La séance se déroule en trois parties : un échauffement, le circuit, un retour au calme. Comptez 35 minutes avec 2 tours, 55 minutes avec 4.

L’échauffement : 8 à 10 minutes

Un footing très lent ou une corde à sauter légère, puis quelques mouvements de mobilité (rotations de chevilles, balanciers de jambe, fentes marchées). La même logique que l’échauffement avant de courir, en plus court.

Le circuit : 10 exercices enchaînés

Chaque exercice dure 30 à 40 secondes, suivi de 20 à 30 secondes de récupération pendant que vous passez au suivant. Un tour prend environ 8 à 10 minutes ; on en fait 2 à 4 selon la semaine du plan.

Le circuit : 10 exercices enchaînés
ExerciceCe qu’il travailleDosage d’un passage
Squat au poids du corpsquadriceps, fessiers30 à 40 s, descente lente
Fentes alternéesquadriceps, fessiers, équilibre30 à 40 s, 10 à 12 par jambe
Pont fessier sur une jambefessiers, ischio-jambiers30 s par jambe
Gainage face au soltronc, épaules30 à 45 s
Gainage latéraltronc, moyen fessier20 à 30 s par côté
Montées sur la pointe des piedsmollets, tendon d’Achille15 à 20 lentes, sur une marche
Step-up sur une marchequadriceps, fessiers, équilibre30 s par jambe
Abduction couchée sur le côtémoyen fessier, stabilité du bassin15 par jambe
Mountain climberstronc, fléchisseurs de hanche, cardio30 s
Petits sauts sur place, pieds jointsréactivité du pied et du mollet20 à 30 s, appuis légers

Les quatre premières semaines, gardez les sauts très bas et très souples. Si vous débutez, remplacez les mountain climbers par du gainage dynamique (genou vers le coude, lentement) et les sauts par des montées sur la pointe des pieds.

Les consignes qui font la différence

  • La qualité avant la vitesse : un squat lent et contrôlé travaille davantage qu’un squat bâclé.
  • Le genou dans l’axe du pied sur les squats, les fentes et les step-up.
  • Respirez : on souffle à l’effort, on ne bloque pas sa respiration en gainage.
  • Arrêtez un exercice dès que la forme se dégrade, plutôt que de finir le temps à tout prix.

Le retour au calme : 5 minutes

Quelques minutes de marche ou de trot très lent, puis des étirements légers si vous en avez l’habitude.

Plan de PPG sur 6 semaines

Ce bloc se place avant le début d’un plan d’entraînement. Les footings continuent à côté, à allure d’endurance fondamentale, sans fractionné intense pendant les deux premières semaines.

Plan de PPG course à pied sur 6 semaines
SemaineSéances de PPGCircuitEffort / récupérationCourse à pied
122 tours30 s / 30 s2 à 3 footings lents
222 tours35 s / 25 s3 footings, dont 1 avec 4 lignes droites
323 tours35 s / 25 s3 footings, dont 1 un peu plus long
423 tours40 s / 20 s3 sorties, dont 1 avec quelques côtes courtes
524 tours40 s / 20 s3 à 4 sorties, dont 1 séance de côtes
612 tours30 s / 30 ssemaine plus légère avant le plan

La sixième semaine est volontairement allégée : elle laisse le corps assimiler le travail avant que le plan démarre. Vous pouvez reconduire un deuxième bloc si vous avez du temps devant vous, en remplaçant le squat par un squat bulgare (pied arrière posé sur une chaise) et les petits sauts par des sauts sur une jambe.

Où placer la PPG dans la semaine

Trois règles suffisent à éviter que la PPG gâche vos séances de course :

  • Le même jour qu’un footing facile, de préférence juste après : la séance de course reste fraîche et les jours de repos restent des jours de repos.
  • Jamais la veille d’une séance de fractionné ou d’une sortie longue : des cuisses lourdes font perdre la qualité de la séance clé.
  • Au moins 48 heures entre deux séances de PPG, par exemple le mardi et le vendredi.
Semaine type pendant le bloc de PPG
JourSemaine type pendant le bloc de PPG
Lundirepos
Mardifooting lent 40 min + PPG
Mercredirepos ou marche
Jeudifooting avec lignes droites ou côtes courtes
Vendredifooting lent 30 min + PPG
Samedirepos
Dimanchesortie plus longue, toujours lente

Après la PPG : passer à la PPS

Une fois le bloc terminé, la force construite doit se transformer en vitesse de course. C’est le rôle de la préparation spécifique, qui s’intègre aux sorties plutôt que de s’y ajouter :

  • Les côtes : des montées courtes et rapides, ou plus longues à allure soutenue, comme dans les séances de fractionné en côte.
  • Les gammes athlétiques : montées de genoux, talons-fesses, foulées bondissantes, en début de séance.
  • Les accélérations et la VMA : des séances VMA courtes, qui demandent la réactivité travaillée en PPG.

Une séance d’entretien de PPG par semaine reste utile jusqu’à 7 à 10 jours de l’objectif. Pour une préparation complète, le guide préparer un marathon montre comment ces blocs s’enchaînent sur plusieurs mois.

Les erreurs fréquentes en PPG

  • Faire de la PPG à la place des footings : elle complète la course, elle ne la remplace pas.
  • Commencer par les sauts : la pliométrie arrive en fin de bloc ou en PPS, pas en première semaine.
  • Placer la PPG la veille de la séance clé : vous perdez la qualité des deux.
  • Chercher l’épuisement : une séance de PPG se termine fatigué, pas vidé ; vous devez pouvoir courir le lendemain.
  • Tout arrêter quand le plan commence : sans séance d’entretien, les gains de force s’estompent en quelques semaines.

Questions fréquentes

Que veut dire PPG en course à pied ?

PPG signifie préparation physique générale. C’est la phase de la saison où le coureur renforce l’ensemble de ses muscles (jambes, hanches, tronc, pieds) avec des exercices simples, avant de passer à la préparation spécifique (PPS) tournée vers la vitesse de course.

Combien de séances de PPG par semaine ?

Deux séances de 35 à 55 minutes pendant le bloc de PPG, espacées d’au moins 48 heures, puis une séance d’entretien de 20 à 25 minutes par semaine pendant le plan d’entraînement.

Combien de temps dure une période de PPG ?

Entre 4 et 8 semaines ; un bloc de 6 semaines convient à la plupart des coureurs. Les études qui montrent un effet sur l’économie de course portent sur des programmes de 8 à 12 semaines, à raison de 2 à 3 séances par semaine.

Quelle est la différence entre PPG et PPS ?

La PPG développe une base de force générale avec des exercices éloignés du geste de course (squats, gainage, fentes). La PPS transforme cette force en vitesse avec des formes proches de la course : côtes, gammes athlétiques, bondissements, accélérations.

Peut-on faire de la PPG sans matériel ?

Oui. Une séance de PPG pour coureur se fait au poids du corps, avec au plus une marche d’escalier pour les mollets et les step-up, et un tapis pour le gainage.

Faut-il faire la PPG avant ou après le footing ?

Plutôt après un footing facile, le même jour. Vous êtes déjà échauffé, la séance de course n’est pas gênée, et les jours de repos restent libres.

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