VMA de Saka : pourquoi sa vraie arme n’est pas la vitesse de pointe

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VMA de Saka : sa vraie arme n’est pas la vitesse de pointe

La VMA de Bukayo Saka est estimée autour de 18 à 19 km/h, et sa vitesse de pointe tourne autour de 33 km/h — rapide, mais pas foudroyante. Et c’est tout l’intérêt de son cas : contrairement à Vinícius ou Mbappé, l’ailier d’Arsenal ne définit pas son athlétisme par sa pointe. Il n’est même pas le joueur le plus rapide de son club.

Sa vraie signature, celle sur laquelle toutes les données convergent, c’est sa capacité à répéter les efforts à haute intensité : près de 3 km à haute intensité sur environ 11,5 km par match, rencontre après rencontre, sans jamais lever le pied. Saka est l’ailier de la répétition, pas de l’explosion — et c’est précisément ce qui le rend si instructif pour un coureur.

Bukayo Saka (Angleterre) au duel avec Christian Pulisic lors d'Angleterre-États-Unis, Coupe du Monde 2022
Bukayo Saka (Angleterre) face à Christian Pulisic, Angleterre-États-Unis, Coupe du Monde 2022. Photo : Hossein Zohrevand / Tasnim News Agency, CC BY 4.0, via Wikimedia Commons.

Les valeurs de VMA et de VO2max présentées ici sont des estimations : aucun club ne publie ces données. Les vitesses de pointe et distances, elles, sont issues de systèmes de tracking de match. Ce contenu est informatif ; consultez un professionnel avant de débuter ou reprendre une activité sportive intense.

À retenir en 30 secondes
VMA estimée de Saka18 – 19 km/h
Vitesse de pointe (tracking match)~33 km/h
Distance par match~11,5 km
dont à haute intensité~3 km
VO2max estimé~58 – 62 ml/kg/min
ProfilAilier droit, 1,78 m, ~70 kg, 24 ans
Référence VMA running (Kipchoge)24,3 km/h

Quelle est la VMA de Saka ?

~18-19 km/h : le profil d’un ailier gros rouleur

La VMA — vitesse maximale aérobie — d’un footballeur professionnel tourne autour de 18 km/h, dans une fourchette de 16 à 21 km/h selon le poste. Comme ailier moderne très sollicité défensivement, Saka se situe dans la fourchette haute des attaquants, autour de 18-19 km/h. Un ailier d’Arteta ne se contente pas de déborder : il replie, presse, recommence — un volume de course qui réclame un bon moteur aérobie.

Ce niveau correspond à celui d’un coureur à pied confirmé, capable de boucler un 10 km autour de 37-39 minutes. Pour un joueur de couloir, c’est solide, sans être le sommet du football : les milieux box-to-box comme Jude Bellingham (19-20 km/h) grimpent plus haut. Mais la VMA de Saka n’est pas son trait le plus remarquable. Ce qui l’est, c’est ce qu’il en fait : la répéter, encore et encore.

Pourquoi un ailier increvable a une VMA solide

La VMA exacte de Saka n’a jamais été communiquée, mais sa logique est claire : son endurance à haute intensité impose un moteur aérobie de bon niveau. Saka est réputé pour son volume de minutes — l’un des joueurs les plus utilisés d’Europe, rarement ménagé. Cette durabilité ne tient pas qu’au mental : elle repose sur une base aérobie capable d’encaisser des dizaines d’accélérations par match, semaine après semaine. À 1,78 m et environ 70 kg, il a aussi un gabarit léger et nerveux, idéal pour répéter les efforts sans s’épuiser. Ce n’est pas le moteur d’un coureur de fond, mais celui d’un sprinteur d’endurance.

Sa vraie arme : ~3 km à haute intensité par match

C’est ici que Saka se distingue vraiment. Selon STATSports, le partenaire GPS d’Arsenal, il couvre environ 11,5 km par match — dont près de 3 km à haute intensité. Autrement dit, près d’un quart de sa distance totale est avalée à un rythme intense. Une capacité qui lui permet « de tenir un rythme soutenu plus longtemps que certains de ses pairs ».

MesureValeurContexte
Distance moyenne / match~11,5 kmTracking STATSports
dont à haute intensité~3 kmPrès d’un quart du total
Vitesse de pointe (match)~33 km/hspeedsdb / FotMob
Volume de minutesParmi les plus élevés d’EuropeDurabilité d’iron man

Ces chiffres dessinent un athlète de répétition : pas une pointe unique, mais une succession d’efforts intenses entrecoupés de courtes récupérations, du début à la fin du match. C’est exactement ce que développe le fractionné court — le profil le plus familier pour qui s’entraîne en intervalles.

Vitesse de pointe : ~33 km/h, rapide mais pas foudroyante

Sa vitesse de pointe mesurée en match se situe autour de 33 km/h (33,21 km/h selon speedsdb, ~32,6 km/h relevé par FotMob la saison dernière). Le partenaire GPS d’Arsenal a bien annoncé un record allant jusqu’à ~36 km/h, mais c’est un pic relevé en conditions GPS, supérieur à ce qu’il atteint réellement balle au pied en match.

Sur le papier, 33 km/h reste très au-dessus du commun des mortels. Mais à l’échelle du très haut niveau, c’est honnête sans être exceptionnel : les ailiers et défenseurs les plus rapides dépassent 36-37 km/h. Détail qui en dit long : Saka n’est même pas le joueur le plus rapide d’Arsenal, devancé en tracking par son compère Gabriel Martinelli. Sa valeur n’est donc pas dans la pointe brute — elle est dans la fréquence à laquelle il s’approche de sa pointe, match après match.

VMA ≠ vitesse de pointe : ne confondez pas les deux moteurs

C’est le point que tout le monde rate. La VMA et la vitesse de pointe ne mesurent pas la même chose :

→ La VMA est une qualité aérobie : la vitesse à laquelle l’organisme atteint sa consommation maximale d’oxygène (VO2max). On la tient plusieurs minutes, on la mesure sur un test progressif type VAMEVAL.

→ La vitesse de pointe est une qualité anaérobie : un pic explosif tenu 2 à 4 secondes, alimenté par la force musculaire, sans oxygène.

Le cas Saka illustre une troisième dimension, à mi-chemin : la capacité à répéter les sprints (RSA, repeated sprint ability). Ce n’est ni la VMA pure ni la pointe pure, mais la faculté de récupérer assez vite entre deux efforts maximaux pour pouvoir recommencer. Et cette capacité repose directement sur une bonne base aérobie : meilleure est votre VMA, plus vite vous récupérez entre les sprints. C’est pour ça que Saka, sans avoir la pointe d’un Mbappé ni le moteur continu d’un Bellingham, peut faire les deux un peu — beaucoup de fois.

Saka vs Mbappé, Vinícius, Bellingham : explosivité ou répétition ?

Sur la vitesse de pointe, Saka (~33 km/h) est nettement derrière les explosifs : Mbappé et Vinícius filent à 36 km/h passés. Sur la VMA, il se situe dans le peloton des attaquants (18-19 km/h), devancé par le milieu box-to-box Bellingham (19-20 km/h).

Mais aucune de ces deux hiérarchies ne capte ce qui fait Saka. Là où Vinícius est un accélérateur, où Bellingham est un moteur continu, Saka est un moteur intermittent : il enchaîne les pointes, les replis, les pressings, et recommence. Ce n’est pas le plus rapide, ni le plus endurant dans l’absolu — c’est l’un des plus réguliers à haute intensité. Trois stars, trois profils physiologiques distincts.

Le VO2max estimé de Saka

Le VO2max — le débit maximal d’oxygène que le corps peut utiliser, rapporté au poids — n’a pas non plus été publié. Chez les footballeurs d’élite, il se situe entre 55 et 65 ml/kg/min. Pour un ailier léger capable d’abattre ~3 km à haute intensité par match, une estimation autour de 58-62 ml/kg/min est plausible : son gabarit et ses volumes d’efforts intenses pointent vers un bon moteur aérobie, sans atteindre la fourchette haute des milieux gros rouleurs.

C’est un très bon niveau pour un sportif collectif — mais cela reste loin des marathoniens d’élite (80-88 ml/kg/min pour Eliud Kipchoge). La différence n’est pas une faiblesse : un ailier n’a pas besoin du VO2max d’un coureur de fond, il a besoin de combiner explosivité, répétition, technique et dribble. Saka coche surtout la case « répétition ».

Saka face aux coureurs : que vaut un ailier en VMA ?

AthlèteDisciplineVMA estiméeVitesse de pointe
Eliud KipchogeMarathon24,3 km/hsecondaire
Jude BellinghamFoot (milieu box-to-box)19 – 20 km/h~32 – 33 km/h
Bukayo SakaFoot (ailier)18 – 19 km/h~33 km/h
Kylian MbappéFoot (attaquant)18 – 19 km/h36+ km/h
Coureur amateur confirméRunning16 – 18 km/h
Erling HaalandFoot (avant-centre)17 – 18 km/h36,2 km/h
Vinícius JúniorFoot (ailier)18 – 19 km/h36,2 km/h

Le tableau dit l’essentiel : sur la VMA, Saka est dans la moyenne haute des attaquants, mais reste distancé de 5 à 6 km/h par un marathonien d’élite comme Kipchoge. Sur la vitesse de pointe, il est dépassé par les autres ailiers stars. Sa supériorité ne se lit dans aucune de ces deux colonnes : elle est dans une troisième donnée, le volume à haute intensité, que ce tableau ne montre pas.

Ce qu’un coureur peut retenir de Saka

Si vous courez, Saka est le rappel le plus utile du plateau : la vitesse de pointe ne fait pas tout, la capacité à la répéter compte plus. Sur le terrain comme en course, ce qui vous fait progresser, ce n’est pas votre record sur 100 m, c’est votre faculté à enchaîner les efforts intenses sans vous écrouler.

C’est exactement ce que développe le fractionné court : des séries de 30 secondes vite / 30 secondes lent, des 200 m répétés, des sprints en côte récupérés. Vous ne travaillez pas à devenir foudroyant ; vous travaillez à récupérer vite entre deux efforts pour pouvoir recommencer. Et cette qualité repose sur votre VMA : plus elle est haute, plus vos récupérations sont efficaces. Travailler sa VMA, c’est s’offrir le moteur de Saka — celui qui permet de sprinter, souffler, et repartir, cent fois de suite.

Questions fréquentes

Quelle est la VMA de Bukayo Saka ?
Elle n’a jamais été publiée officiellement. Les estimations la situent autour de 18 à 19 km/h, la fourchette haute des attaquants. Son rôle d’ailier très sollicité défensivement et ses gros volumes d’efforts à haute intensité expliquent ce moteur aérobie de bon niveau.
Quelle est la vitesse maximale de Saka ?
Sa vitesse de pointe en match tourne autour de 33 km/h (33,21 km/h selon speedsdb). Le partenaire GPS d’Arsenal a relevé un pic jusqu’à ~36 km/h en conditions GPS. C’est rapide, mais pas foudroyant : Saka n’est même pas le joueur le plus rapide d’Arsenal, devancé par Gabriel Martinelli.
Combien de kilomètres Saka parcourt-il par match ?
Environ 11,5 km par match selon STATSports, dont près de 3 km à haute intensité — soit près d’un quart de sa distance totale avalée à rythme intense. C’est sa vraie signature physique : la répétition d’efforts soutenus.
Qui est le plus rapide entre Saka et Mbappé ?
Mbappé, et largement. Sa vitesse de pointe dépasse 36 km/h, contre ~33 km/h pour Saka. Leur VMA estimée est en revanche proche (18-19 km/h). Mais Saka se distingue ailleurs : dans son volume d’efforts à haute intensité, pas dans la pointe brute.
Quel est le VO2max de Saka ?
Non communiqué. Une estimation plausible pour un ailier léger gros rouleur est de 58 à 62 ml/kg/min — bon niveau de footballeur d’élite, mais loin des marathoniens (80+). Son gabarit et ses volumes à haute intensité pointent vers un moteur aérobie solide.

Ce qu’il faut retenir

La VMA de Saka (~18-19 km/h) et sa pointe (~33 km/h) sont bonnes sans être exceptionnelles — il n’est même pas le plus rapide d’Arsenal. Sa vraie arme, c’est la répétition : ~3 km à haute intensité sur ~11,5 km par match, une durabilité rare. C’est l’ailier qui ressemble le plus à un coureur travaillant son fractionné : pas le plus rapide sur un sprint, mais le plus capable de le répéter. Et cette qualité-là se construit en travaillant sa VMA.

Voir la VMA des footballeurs par poste →

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