Courir après manger : combien de temps attendre vraiment ?
Vous venez de terminer votre déjeuner et vous souhaiteriez partir pour un footing ? Vous ne savez pas combien de temps attendre ? Ce guide complet vous donne les réponses pragmatiques adaptées à votre âge, votre repas et vos contraintes réelles.

Réponse brève (30 secondes)
Il faut généralement attendre 1h30 à 2h après un repas lourd, et 30 à 45 minutes après une collation légère. Mais cette réponse cache une vérité plus nuancée, car tout dépend de ce que vous avez mangé, de l’intensité de votre sortie, et de votre propre métabolisme.
Dans ce guide, vous trouverez les délais exacts par type de repas, les aliments à privilégier ou à éviter, des menus concrets que vous pouvez mettre en place immédiatement, et surtout : comment adapter le timing à votre réalité quotidienne. Si vous ne pouvez pas attendre 2h, nous vous expliquerons comment faire mieux sans vous culpabiliser.
Ce contenu est fourni à titre informatif et ne remplace en aucun cas l’avis d’un professionnel de santé. Consultez un médecin avant de débuter ou de reprendre une activité sportive, en particulier si vous avez des antécédents médicaux ou si vous êtes en reprise après une longue période d’inactivité.
Faut-il vraiment attendre avant de courir après manger ?
La réponse courte
Oui et non. Techniquement, vous pouvez courir juste après avoir mangé — vous ne risquez pas un danger immédiat. Mais l’intensité de votre digestion et celle de votre effort vont entrer en compétition. Votre corps devra répartir son énergie cardiaque entre deux tâches : digérer et courir. C’est pour cela qu’une pause est généralement recommandée.
Les mythes démontés
« Courir à jeun fait maigrir plus vite »
C’est faux. Courir à jeun ne vous fera pas perdre plus de graisse qu’une course nourrie et équilibrée. Le déficit calorique global est ce qui compte — et maintenir une performance stable (donc bien nourri) vous permet de brûler plus de calories. Courir affamé, c’est risquer une séance moins intense et plus fatiguante pour le corps.
« Je dois absolument attendre 2h, sinon c’est dangereux »
Faux aussi. Courir 30 minutes après une collation légère n’est pas dangereux. Le timing dépend surtout de la lourdeur du repas et de l’intensité de votre sortie.
« La digestion s’accélère avec le froid »
Non. La température corporelle monte pendant la course, ce qui peut paradoxalement ralentir la digestion. Mais ce n’est pas une raison de ne pas courir — c’est juste un facteur supplémentaire à considérer.
Pourquoi la digestion ralentit la performance
Quand vous mangez, votre corps commence immédiatement la digestion. Cette fonction détourne environ 20-25% de votre capacité cardiaque vers l’appareil digestif pour envoyer du flux sanguin à l’estomac et aux intestins.
Quand vous commencez à courir, votre cœur doit maintenir un débit cardiaque élevé pour alimenter vos muscles en oxygène. Si la digestion est encore active, ces deux besoins entrent en conflit. Le résultat : vous sentez de la lourdeur, vous pouvez avoir des crampes, des reflux, ou simplement une sensation d’inconfort qui gâche votre sortie.
C’est pour cela que respecter un délai d’attente ne relève pas du dogmatisme — c’est du pragmatisme pour courir mieux, pas pour obéir à une règle arbitraire.
Combien de temps attendre ? Le tableau de référence
Le timing d’attente dépend surtout de ce que vous avez mangé. Voici un tableau synthétique que vous pouvez consulter avant chaque sortie :
| Type de repas | Délai minimum | Délai optimal | Exemples d’aliments |
|---|---|---|---|
| Collation très légère | 15-20 min | 30 min | Banane, barre protéinée, yaourt |
| Collation légère | 30-45 min | 45-60 min | Pain complet + fromage blanc, poire, une poignée d’amandes |
| Petit-déjeuner modéré | 45-60 min | 60-90 min | Bol de céréales + lait, tartine miel + fruit, œuf + toast |
| Déjeuner classique | 1h30 | 1h30-2h | Poisson + riz, pâtes + sauce tomate, sandwich complet |
| Repas lourd/copieux | 2h à 2h30 | 2h30-3h | Viande rouge, graisses saturées, repas avec sauce riche |
À noter : ces délais supposent une sortie à intensité modérée (footing facile). Si vous prévoyez un fractionné intensif ou une longue course rapide, ajoutez 15-30 minutes.
Timing par contexte : adaptez à votre journée
Après un petit-déjeuner (cas matin)
Vous vous levez à 6h30 et vous prenez un petit-déjeuner classique (tartine + confiture, fruit, café) à 6h45. Vous voulez partir courir vers 8h ? C’est possible, mais adaptez-vous.
Un petit-déjeuner léger à modéré demande environ 60-90 minutes de digestion. À 8h (1h15 après), vous êtes dans la fenêtre raisonnable pour un footing facile. Si vous voulez faire un tempo à 8h15, attendez plutôt 7h45 avant de manger.
Astuce femmes 40+ : La digestion ralentit avec l’âge, surtout pendant la périménopause. Si vous découvrez que 90 minutes ne vous suffit plus, c’est normal — adaptez progressivement votre timing.
Après un déjeuner (cas midi/travail)
Vous mangez votre sandwich à 12h30 et vous avez une pause à 13h30 pour courir ? Attendez minimum 14h, ou footing très facile à 13h30.
Si le sandwich contient du fromage, de la charcuterie ou des ingrédients gras, une heure d’attente peut ne pas suffire. Préférez commencer votre course lentement, à un rythme où vous pourriez parler sans reprendre votre souffle.
Après un dîner (cas soir)
C’est le scénario le plus commun pour les coureuses. Vous rentrez du travail à 18h, vous mangez vers 18h30, et vous voudriez courir à 19h30 ou 20h.
Après un dîner normal (portion classique) : attendre 1h30-2h est l’idéal, ce qui vous positionne à 20h-20h30. Votre digestion aura bien avancé, et vous courrez sans inconfort.
Si vous devez absolument courir à 19h30 (seulement 1h après le dîner) : mangez une portion réduite de moitié, privilégiez les féculents faciles et les protéines légères, et acceptez que votre footing soit très facile.
Après une collation rapide (cas urgence)
Vous avez oublié de grignoter, vous avez une fringale à 17h45 et votre footing est à 18h15. Pas grave. Une banane ou une barre énergétique demande seulement 15-30 minutes de digestion. À 18h15 (30 min après), vous pouvez partir.
Vous aurez probablement une petite sensation de lourdeur bas-ventre au premier km, mais elle disparaîtra après 5-10 minutes quand votre rythme cardiaque aura complètement monté.
Ça dépend aussi de la course
Le même repas nécessite un délai d’attente différent selon le type de sortie envisagée. Voici comment adapter :
Footing facile ou marche active (peut digérer)
Vous pouvez accélérer la course si votre effort reste très modéré. Lors d’un footing facile où vous parlez sans essoufflement, votre système cardiovasculaire ne monopolise pas 100% de la capacité de votre cœur. Votre corps peut continuer à digérer en parallèle.
Règle : Réduisez le délai d’attente de 15-20 minutes par rapport au timing standard. Après un petit-déjeuner, 45 minutes suffisent pour une marche active. Après un déjeuner léger, footing facile en 1h minimum.
Footing tempo ou fractionné court (délai moyen)
Là, vous augmentez l’intensité — votre cœur travaille plus dur, vous êtes en zone d’effort soutenu sans être maximal. Votre digestion ralentit mais elle n’est pas complètement bloquée.
Règle : Respectez le délai standard du tableau. Après un déjeuner classique, attendez 1h30-2h pour commencer un tempo. Pas moins.
Séance longue ou intensive (délai maximal)
Un fractionné agressif, une course rapide, ou une sortie longue demandent toute la ressource cardiaque possible. À ce moment-là, votre digestion doit être presque terminée pour ne pas vous gêner.
Règle : Ajoutez 20-30 minutes au délai standard. Après un petit-déjeuner, attendez 1h30 avant un fractionné. Après un dîner classique, attendez 2h30-3h.
Exemple concret : Vous avez mangé une assiette classique à midi (pâtes + sauce). À 13h30, vous pouvez faire un footing facile. À 14h, vous pouvez faire un tempo modéré. À 14h30 seulement, vous êtes bien positionnée pour une séance intensive.
Femmes 40+ : adaptations digestion et périménopause
Cet aspect est absent de tous les autres guides sur la question. C’est un angle important pour les coureuses matures.
Pourquoi la digestion ralentit après 40 ans
C’est une réalité physiologique : votre métabolisme ralentit avec l’âge. À partir de la quarantaine, le temps de transit intestinal s’allonge naturellement, et la production d’acides gastriques diminue progressivement. En d’autres termes : ce qui vous prenait 1h30 à 35 ans peut en prendre 2h à 45 ans. Cela n’a rien à voir avec l’alimentation ou votre entraînement — c’est juste le fonctionnement du corps qui change.
Changements hormonaux et sensation de lourdeur
Pendant la périménopause (généralement entre 45 et 55 ans), vos niveaux d’œstrogène fluctuent. Cette instabilité hormonale affecte plusieurs fonctions digestives :
- Ralentissement du transit : les mouvements de l’estomac et des intestins deviennent moins efficaces
- Augmentation des ballonnements : même après une portion qu’on mangeait sans problème avant
- Reflux gastrique plus fréquent : surtout quand on associe digestion + exercice
Certaines coureuses découvrent à 48 ans qu’elles ne peuvent plus courir 1h après manger alors qu’elles le faisaient sans souci à 40 ans. C’est normal. Ce n’est pas une faiblesse, c’est une adaptation du corps.
Adapter le timing à ses changements personnels
Si vous êtes dans cette tranche d’âge et que vous découvrez que le timing habituel ne vous convient plus, adaptez prudemment :
- Commencez par ajouter 15-20 minutes au délai que vous aviez avant, et observez comment ça change votre sensation
- Écoutez votre corps plutôt que le timing : si à 1h45 vous sentez encore de la lourdeur (là où avant 1h30 suffisait), acceptez-le et attendez l’heure supplémentaire
- Changez vos horaires de repas : si vous aviez l’habitude de manger à 18h30 et courir à 19h30, déplacez le repas à 17h30 pour pouvoir courir à 19h
Plusieurs coureuses matures rapportent aussi que certains aliments deviennent plus problématiques avec l’âge : les fritures, les laitages entiers, ou les portions très copieuses. C’est une information utile — pas une limitation, juste une adaptation.
Message crucial : Chaque femme 40+ a son timing personnel. Le tableau du guide est un point de départ, pas une règle universelle. Testez, notez vos sensations, et trouvez votre rythme.
Quoi manger juste avant de courir ?
Vous savez maintenant combien de temps attendre. Mais quoi manger entre votre dernier repas et votre départ ? Voici des menus concrets, testés, qui vous permettront de partir l’esprit léger.
Si tu dois courir dans 15-30 min (urgence)
Vous avez une fringale soudaine, ou vous avez sauté votre collation. Ne partez pas affamée — mangez un truc léger.
Menu type :
- Une banane (facile à digérer, riche en magnésium et potassium)
- Ou 1-2 dattes
- Ou 1 barre énergétique/protéinée
- Hydratation : 1 verre d’eau tiède (pas d’eau glacée)
Durée digestion : 20-30 min maximum. Vous pouvez partir.
Sensation probable : Un léger poids bas-ventre sur les 2 premiers km, puis rien. C’est normal.
Si tu dois courir dans 30-60 min (normal)
C’est la fenêtre idéale pour une collation « vraie ».
Menu type n°1 — Sucres rapides + protéines légères :
- 1 tranche de pain complet + 1 cuillère à soupe de miel
- 1 yaourt nature ou verre de lait demi-écrémé
- 1 pomme
- Hydratation : 250 ml d’eau
Menu type n°2 — Protéines + féculents :
- 1 petit œuf dur (cuit d’avance)
- 2-3 crackers complets sans sel
- 1 orange ou clémentine
- Hydratation : 250 ml d’eau
Menu type n°3 — Pour les pressées :
- 1 yaourt sucré ou dessert lacté (200g)
- Une poignée d’amandes ou noisettes (petit poing)
- Hydratation : 250 ml d’eau
Durée digestion : 45-60 min. À 50 min d’attente, allez-y confiante.
Si tu dois courir dans 1-2h (standard)
C’est le timing où vous pouvez manger un vrai repas (petit) et attendre tranquillement.
Menu type n°1 — Repas minimal après travail :
- 1 bol de soupe de légumes + 1 tranche de pain grillé
- 1 portion de fromage blanc (200g)
- 1 fruit (poire, raisin)
- Hydratation : 500 ml d’eau répartis sur l’heure
Menu type n°2 — Déjeuner léger / déjeuner pré-sport :
- Assiette de pâtes complètes (100g cru, ce qui fait une belle portion cuite) + sauce tomate simple
- 1 petit morceau de poulet ou œuf (pour la protéine)
- Salade verte en accompagnement
- Fruit après (banane ou abricot)
- Hydratation : 500 ml répartis, pas tout d’un coup
Menu type n°3 — Pour les mangeurs copieux :
- Pain complet + fromage blanc + un peu de miel
- Poisson blanc à la vapeur (100g)
- Légumes cuits simples (carottes, courgettes)
- Compote sans sucre ajouté (petit pot)
- Hydratation : 500 ml répartis
Durée digestion : 1h30-2h selon la densité. Ces menus sont testés pour cette fenêtre.
Aliments à éviter absolument
Ces aliments ralentissent la digestion et créent souvent des crampes ou reflux si vous courez peu de temps après :
À bannir :
- Graisses saturées : beurre en grande quantité, charcuterie grasse, fritures
- Alcool (même une bière en apéro)
- Épices agressives : piments forts, curry concentré
- Chou, brocoli, légumineuses sèches : créent des gaz
- Lait entier en grande quantité (sauf si vous le tolérez bien)
- Chocolat noir intensif juste avant
- Nourriture ultra-épicée ou acidifiée juste avant
À limiter :
- Viande rouge et gibier : plus longs à digérer
- Sauces crémeuses ou très riches
- Fromage dur en grande portion (plutôt fromage blanc)
- Portions énormes même de bons aliments
Gérer la digestion pendant la course
Votre timing est bon, votre menu était sage, mais vous sentez quand même un peu d’inconfort en courant ? Voici comment gérer.
Hydratation avant/pendant (pas de gros volume d’eau)
C’est un piège classique : penser qu’il faut boire beaucoup d’eau avant une course. Faux.
Hydratez-vous régulièrement toute la journée (petits verres tout au long). La veille aussi. Mais juste avant de partir, limitez à 200-250 ml d’eau — pas plus. Un demi-litre avalé d’un coup avec du bol alimentaire encore en digestion, c’est l’assurance de sentir une grosse boule bas-ventre.
Pendant la course (si c’est une sortie longue) : petites gorgées régulières plutôt qu’un gros volume d’un coup.
Astuce : Siroter 200 ml d’eau tiède 20 minutes avant de partir est meilleur qu’avaler 500 ml juste avant.
Gérer les crampes digestives mid-run
Vous êtes au km 2, vous avez une traction au bas-ventre ou une crispation du côlon. C’est des crampes digestives.
Ne paniquez pas — c’est inconfortable mais pas grave. Voici comment les gérer :
- Ralentissez progressivement : passez au footing facile
- Respirez profondément : inspiration par le nez (3 secondes), expiration par la bouche (3 secondes). Cela calme le système parasympathique et aide la digestion
- Changez votre rythme respiratoire : essayez d’expirer plus longtemps que vous inspirez (ça détend le ventre)
- Petites gorgées d’eau si vous en avez avec vous (très petites)
- Continuez à vitesse très lente : 90% du temps, la crampe disparaît après 10-15 minutes une fois que votre corps s’est adapté
Si ça ne passe pas après 15 min de footing facile, c’était peut-être un mauvais timing — renoncez sans culpabilité, réessayez demain.
Respiration et gestion du stress pré-départ
Le stress affecte la digestion. Vous êtes stressée de courir, ou vous avez une grosse journée de travail ? Votre digestion en souffre.
10 minutes avant de partir :
- Respirez profondément (5 cycles : inspirer 4 secondes, expirer 6 secondes)
- Essayez de détendre votre ventre en vous le touchant consciemment
- Acceptez l’idée que c’est juste un footing, pas une compétition
Un ventre crispé par l’anxiété digère plus mal. C’est une boucle : vous avez peur de crampes, donc vous vous crispez, donc vous avez des crampes. Détendre intentionnellement votre sangle abdominale diminue vraiment le problème.
Cas réels : solutions pragmatiques
Tous les cas de figure ne rentrent pas dans le tableau standard. Voici des scénarios concrets que vivent les coureuses matures.
Cas 1 : « Je rentre du travail à 18h, je veux courir avant 19h »
La situation : Vous terminez le travail à 17h30, vous arrivez à la maison à 17h50, vous avez mangé une barre vers 11h pour le déjeuner. Vous êtes affamée. Vous voulez courir à 19h.
Votre solution :
- Arrivée 17h50 : mangez une collation vraie (pain complet + fromage blanc + fruit)
- Attente : 18h10 à 19h00 = 50 minutes
- Départ 19h00 : vous êtes OK pour un footing facile à modéré
Si vous avez mangé une vraie portion à 11h (sandwich, pâtes), vous êtes rassasiée et pouvez réduire la collation (juste une banane), ce qui vous permet même de partir à 18h30.
Le secret : Manger léger en sortant du travail, mais manger quelque chose. Courir avec une vraie fringale rend la digestion plus chaotique.
Cas 2 : « Je dois courir le lendemain d’un repas copieux »
La situation : Vous avez un repas de famille dimanche vers 13h : 3 plats, dessert, apéro. C’est lourd. Vous envisagiez une sortie longue lundi matin.
Votre solution :
- Lundi matin : petit-déjeuner allégé (pas normal size). Exemple : 1 tranche de pain complet + miel, 1 verre de lait, 1 fruit
- Attente : 1h minimum (viser 1h30)
- Sortie : plutôt à allure facile le lundi (pas de fractionné). Votre organisme récupère du repas
- Si vous avez envie d’une sortie vraie : attendez jeudi-vendredi quand votre corps aura digéré et récupéré
Après un repas très copieux, votre tube digestif a travaillé tard dans la soirée. Lundi, il n’est pas frais comme d’habitude. Soyez bienveillante avec votre corps : acceptez un footing léger plutôt qu’une séance intensive.
Cas 3 : « Je ne supporte vraiment pas d’attendre »
La situation : Vous avez testé, 2h d’attente, c’est trop. Vous devenez irritable, vous perdez votre session. Vous préférez courir 1h après manger, même avec de l’inconfort.
Votre solution — adaptez vos repas, pas votre timing :
- Décidez de l’heure à laquelle vous voulez courir (disons 19h)
- Retravaillez votre timing de repas pour que l’attente soit seulement 1h (mangez à 18h)
- Réduisez drastiquement la portion du repas de 18h (c’est pas le repas principal, c’est juste un carburant)
- Mangez plus tard, après la course, ou plus tard le soir
Exemple : Au lieu de : dîner à 18h30 (portion classique) + courir à 19h30, faites : légère collation à 18h (pain + fromage blanc) + courez à 19h + dîner vraiment à 20h30 après.
Vous n’avez pas mangé moins sur la journée, vous avez juste décalé. Et vous avez votre footing à l’heure que vous préférez.
C’est une adaptation pragmatique du timing à votre contrainte réelle. Pas de culpabilité.
Récap’ et checklist avant ta prochaine sortie
Vous avez toutes les infos. Voici une checklist simple à consulter avant chaque sortie pour vérifier que tout est en place.
30 minutes avant de partir :
- Timing d’attente — Combien de temps s’est écoulé depuis que j’ai mangé ? (Vérifiez le tableau section 2)
- Type de repas — Léger, modéré ou lourd ? Adapté votre intensité en conséquence ?
- Intensité prévue — Footing facile (peut partir tôt), tempo (timing strict), ou fractionné (attendez plus) ?
- Hydratation — Avez-vous bu de petites quantités toute la journée ? (Pas un gros verre juste avant)
- Menu personnel — Avez-vous mangé quelque chose que vous connaissez bien, qui ne vous pose pas problème ?
- Respiration — 1 minute de respiration profonde pour détendre le ventre
- Petite fenêtre — Pas aux toilettes depuis plus de 30 min ? (Oui = bon signe digestif)
Pendant la course :
- Sensation initiale — Normal si léger poids bas-ventre les 2 premiers km (disparaît ensuite)
- Crampes : Ralentissez, respirez profondément, continuez au rythme lent
- Reflux : C’est rare si vous avez bien attendu ; si ça arrive, ralentissez et respirez
Après la sortie :
- Notez mentalement : le timing a-t-il été bon ? Pas assez d’attente ? Trop ? Pour ajuster la prochaine fois.
FAQ : Les questions qui reviennent
Q : Je viens de manger, je dois courir maintenant. C’est grave ?
Non si le repas était léger. Oui si c’était copieux et vous voulez faire du fractionné intensif. Dans le doute, footing très facile, et attendez la prochaine fois. Aucun drame. Une collation légère (banane, barre énergétique) demande seulement 15-30 minutes de digestion, tandis qu’un déjeuner lourd nécessite 1h30 à 2h. Adaptez l’intensité de votre sortie en fonction de ce que vous avez mangé et du délai d’attente disponible.
Q : Courir à jeun fait-il vraiment maigrir plus ?
Non. C’est un mythe. Ce qui fait maigrir : un déficit calorique régulier + sport constant. Courir bien nourri permet une meilleure performance et donc plus de calories brûlées. Courir affamée rend la séance moins bonne et le corps plus fatigué. Vous brûlez plus de calories en maintenant une bonne performance plutôt qu’en vous traînant à bout de souffle sans carburant.
Q : Si j’attends seulement 30 min au lieu de 2h ?
Ça dépend. Après une collation légère, 30 min suffit. Après un déjeuner classique, non. Adaptez l’intensité : footing très facile si vous ne pouvez pas attendre longtemps. Un repas lourd avec graisses et protéines saturées nécessite plus de temps. Si vous avez mangé léger (banane, pain, yaourt), 30 minutes peuvent suffire pour un footing facile.
Q : Pourquoi ma digestion a ralenti post-40 ans ?
C’est normal et naturel. Le métabolisme ralentit, le transit intestinal s’allonge, les hormones changent (surtout en périménopause). Ce n’est pas une maladie, c’est une adaptation du corps. À partir de la quarantaine, le temps de transit intestinal s’allonge naturellement, et la production d’acides gastriques diminue progressivement. Ce qui vous prenait 1h30 à 35 ans peut en prendre 2h à 45 ans. Acceptez-le et ajustez votre timing.
Q : Quels aliments ne faut-il jamais manger avant de courir ?
À bannir : Graisses saturées (beurre, charcuterie grasse, fritures). Alcool (même une bière). Épices agressives (piments forts, curry). Chou, brocoli, légumineuses sèches (créent des gaz). Lait entier en excès (sauf si bien toléré). Chocolat noir intensif juste avant. À limiter : viande rouge, sauces crémeuses, fromage dur en grande portion, portions énormes même de bons aliments.
Q : Et si j’ai des crampes digestives pendant la course ?
Ralentissez, respirez profondément (expiration plus longue que l’inspiration), continuez au rythme lent. Ne paniquez pas — c’est inconfortable mais pas grave. Essayez d’expirer plus longtemps que vous inspirez (ça détend le ventre). Prenez de petites gorgées d’eau si vous en avez avec vous. Continuez à vitesse très lente : 90% du temps, la crampe disparaît après 10-15 minutes une fois que votre corps s’est adapté.
Q : Faut-il boire beaucoup avant de courir ?
Non. Buvez régulièrement toute la journée (petits verres). Juste avant une sortie, max 200-250 ml. Pendant la sortie longue, petites gorgées. L’hydratation c’est la journée entière, pas juste 5 min avant. Un demi-litre avalé d’un coup avec du bol alimentaire encore en digestion, c’est l’assurance de sentir une grosse boule bas-ventre. Siroter 200 ml d’eau tiède 20 minutes avant de partir est meilleur qu’avaler 500 ml juste avant.
Conclusion : Chacun sa digestion
Vous l’aurez compris : il n’existe pas une règle unique, mais des principes que vous pouvez adapter à votre corps, votre âge, votre métabolisme et vos contraintes réelles.
Le tableau des délais est un bon point de départ. Mais votre expérience personnelle — ce que vous sentez, ce qui vous bloque, ce qui vous permet de courir bien — c’est l’info la plus précieuse.
Si vous découvrez à 48 ans que vous avez besoin de 2h au lieu de 1h30, c’est normal : notez-le, adaptez votre horaire, et continuez. Si vous n’avez pas le choix et que vous devez courir 1h après manger, ce n’est pas dramatique : mangez moins et moins gras, et acceptez un footing facile.
Courir après manger, c’est possible. C’est juste une question de timing, de bon sens et de connaissance de soi.
Maintenant, mettez-le en pratique. Votre prochaine sortie, testez le timing du tableau, notez comment ça s’est passé, et affinez pour la suivante. En 3-4 semaines, vous aurez trouvé votre équilibre personnel.
Bonnes sorties.
Vous avez d’autres questions sur le running, la nutrition coureur ou la reprise du sport ? Retrouvez tous nos guides pratico-pratiques pour coureurs matures.