Courir 42 km en montagne, je l’ai fait!

C’était dimanche dernier. J’avais un grand rdv avec moi-même. Ce jour-là, il m’a fallu 8h29’ pour venir à bout des 42km et des 2800m de dénivelé positif de la Marathon-Race autour du lac d’Annecy. Bilan : un plaisir inoubliable, des sensations très puissantes et un résultat qui a dépassé toutes mes espérances. Récit et leçons.

Avant la course, c’est déjà la course

S’attaquer à une course de cette ampleur ne s’improvise pas. Le programme de préparation physique de 6 mois concocté par mes coaches s’arrête 7 jours avant le départ. J’entame alors une période de récupération pendant laquelle la gestion de l’alimentation est centrale. Mon diététicien m’a préparé un menu spécial pour l’occasion. Plus le jour du départ approche, plus je me sens reposé et plein d’énergie. Grâce à cette précieuse fin de préparation, je suis au sommet de ma forme le jour J.

La course présente pas mal de spécificités que je n’ai jamais rencontrées : distance (42km), dénivelé (2800m d’ascension ET de descente), parcours montagneux (une découverte pour moi) et durée (estimée à 8h). Pour couronner le tout, on annonce 32°… Le soleil sera de la partie mais la chaleur aussi. Mon objectif est simple, je veux finir (être un Finisher, comme on dit).

Le profil de la course est assez simple. Une bonne élévation de 1100m de dénivelé sur les 15 premiers km, 10km de descente pour repartir sur 10km de montée et finir avec une belle descente bien technique vers Annecy.

Version 2

H-3

La nuit est un peu agitée et le réveil sonne à 4h30 pour pouvoir manger 3h avant le départ. Mon gâteau énergie maison est au menu accompagné d’un yaourt au crunchy et d’un café.

Cela fait des mois que je pense à ce moment précis: le départ et l’adrénaline qu’il procure. A 7h15, je suis prêt et me fends d’une petite vidéo ;-).

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Mon inexpérience sur ce type de course me vaut une place en 4e ligne (sur 5) et un départ avec la 3e et dernière vague. Je me place mal sans m’en rendre compte et suis dans les derniers. Je ne le sais pas encore mais cela va pénaliser mon début de course.

Et c’est parti !

Le départ de la 3e vague est donné à 7h42. Les 3 premiers km sont plats et permettent à tout le monde de bien s’échauffer. Nous amorçons l’ascension. Le groupe de coureurs s’étire lentement et monte en file indienne. C’est parti pour 3 heures ! Le silence s’installe. On sent que tout le monde est à l’économie d’énergie pour pouvoir affronter la suite. Le rythme est un peu lent pour moi (je suis à 110-120 pulsations/m) mais je crains de m’épuiser rapidement en accélérant et il est quasi impossible de dépasser tant le chemin est étroit.

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Km 7,5 (1h30’ de course – altitude 1100m) : Nous sortons des bois et les premiers paysages s’offrent à nous. Terrible ! Je me sens en super forme. J’ose à peine y croire. Petite descente et le premier point d’eau nous attend au 11ekm. Je mange, recharge en eau et tente de mettre… ma Saharienne (casquette spéciale pour protéger le cou des rayons du soleil). Achetée 2 jours avant le départ, et donc non testée, il va me falloir 10’ pour l’assembler. Un vrai sketch de Benny Hill… Je m’énerve et finis par réussir à assembler ces 2 p… de pièces de tissus. En relevant la tête, ma Saharienne est en place mais… je suis dans les derniers. J’entends des bénévoles dire qu’ils sont occupés à
enlever le balisage. Confirmation au tableau des relevés du chrono, après 11kil, je suis en 1487e/1500. Génial :-(. Je redémarre plein d’énergie décidé à accélérer le rythme.

4km plus loin, au 2e relevé de chrono, j’ai déjà repris quelques coureurs (je ne le sais pas mais j’ai alors déjà gagné 120 places). Je me sens boosté. Le paysage est de plus en plus beau et ça monte sévère. Ça tombe bien, c’est mon point fort. Je continue à reprendre des coureurs et nous atteignons le point culminant de la course à 1620m d’altitude (km 15,5).

Version 2

C’est parti pour 5km de descente sur un chemin de gros cailloux assez technique. Concentré, je descends à bonne allure pour atteindre le 2e point d’eau et la mi-course, 4 heures après le départ. Je sens que j’ai encore progressé dans le classement. Sourire.

Pour pouvoir courir un marathon, on dit qu’il encore être frais au 20e km. Je fais un rapide état des lieux : pas de bobos, ni de douleur, mes sensations sont super et je me sens encore en très bonne forme. Je commence à me dire que je vais peut-être pouvoir aller jusqu’au bout mais n’ose pas encore y croire.

Il me reste 8km pour rejoindre Anne, mon épouse, et mon petit garçon au ravitaillement avec assistance au km 28. Je les rejoins en 1 heure. Elle m’accueille avec le sourire. Je suis à 14km de l’arrivée et encore en assez bonne forme. Bon sang, c’est jouable !

Km 28 (5h de course – Altitude 500m) : Je redémarre boosté ! 10km d’ascension m’attendent pour rejoindre le célèbre Col des Contrebandiers à 1260m d’altitude. Il me faudra 2h30 pour l’atteindre. La montée est longue et difficile. Entrecoupée de petites descentes et de relances, elle est très éprouvante. La fatigue commence à se faire sentir pour tout le monde mais je continue à progresser à bon rythme et à reprendre des coureurs. Les séances spéciales de travail en côte au terril du Bois du Cazier paient !

Ça y est, le Col des Contrebandiers est là ! MA-GNI-FIQUE ! Une des plus beaux panoramas que je n’ai jamais vus. Clic-clac.

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Km 28 (Altitude 1300m) : L’arrivée est en vue en contre-bas. Mais 5km de descente et 800m de dénivelé négatif nous attendent. C’est une vraie horreur ! Le terrain est très accidenté (rochers, cailloux et racines) et la pente assez forte. Difficile de courir. Objectif : ne pas tomber. Les muscles des cuisses se crispent et chauffent. Je décompte chaque centaine de mètres. J’active le mode « mental fort »! 60 longues minutes de descente dont je me souviendrai…

Ca y est ! Nous rejoignons le lac qui brille sous le soleil. Reste 1,5km jusqu’à l’arrivée.

38811370Km 42 (altitude 500m) : J’y suis. Je l’ai fait ! La sensation est très forte, mes heures de préparation défilent rapidement, l’émotion monte et mes yeux s’humidifient (ben oui, on est près du lac).  Les spectateurs applaudissent les coureurs, c’est génial. Je lève le poing sur les 50 derniers mètres pour passer la ligne d’arrivée après 8h29’ d’efforts. Quelle course, quel défi personnel, quelle satisfaction, quel bonheur !

Je suis très fatigué mais pas épuisé. Je profite de chaque seconde et retrouve Anne.

Le lendemain, je découvre mon classement avec bonheur : 1033e/1500. J’aurai donc repris 450 coureurs sur les 30 derniers km ! Voilà qui dépasse toutes mes espérances.

Bilan +++

Quelques jours se sont écoulés et je ne suis pas encore redescendu de mon nuage tant la sensation est puissance. Le Trail est un sport qui génère des émotions très fortes grâce à l’harmonie avec la nature et au fait que l’on ne peut compter que sur soi pour l’affronter.

Ma préparation pour cette course a été centrale. Pour faire progresser le corps bien sûr mais aussi pour pouvoir profiter. Tout au long du parcours, les efforts ont été là et il a fallu activer le mental de temps à autre mais je ne me suis jamais senti dépassé. J’ai véritablement pu jouir de cette course à 100% grâce à l’excellente préparation mise sur pieds par mes coaches (merci à vous, Valérie et Marc !).

J’ai vécu une expérience vraiment extraordinaire. Depuis le premier jour de la préparation, je suis parvenu à rester concentré sur mon objectif. Cela m’a donné beaucoup de force. J’ai énormément travaillé, c’est vrai. Mais chaque séance était un progrès et chaque progrès renforçait la motivation. Si vous avez envie de vivre une telle aventure, fixez-vous un objectif qui vous motive hyper fort et allez-y. La récompense dépasse largement l’effort fourni. Si j’ai pu le faire, vous pouvez le faire !

Equipement (pour ceux que ça intéresse):

  • Textiles : Salomon (y compris cette saleté de Saharienne ;-))
  • Chaussure : Brooks Cascadia 12
  • Sac à dos : Salomon Agile 12
  • Bâtons : Black Diamond
  • Boisson : cocktail composé d’eau, Glucopur, sel et jus de pomme
  • Nourriture : gâteau énergie maison, soupe et fruits secs sucrés et salés
  • Bas de compression : Compresssport

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