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On progresse quand on se repose! A certaines conditions…

Aussi surprenant que cela puisse paraître, pour faire (très) simple, on peut dire que quand on se repose (mentalement ou physiquement) on progresse. Notre corps et notre cerveau utilisent les moments de repos pour devenir plus forts. Ce mécanisme s’appelle la surcompensation. De quoi s’agit-il et comment ça fonctionne?

Nous le savons tous, que ce soit dans le travail ou en sport, à force d’entraînement on progresse. Je ne parle pas d’agilité mais bien de développement de puissance. En d’autres termes, progressivement on augmente sa capacité à réaliser une tâche avec plus d’aisance. Par exemple, au travail on est plus résistant et en sport on peut courir plus longtemps. On pense très souvent que nos progrès sont le résultat direct de nos efforts. C’est vrai et faux à la fois. Ils résultent d’un mécanisme plus complexe appelé « surcompensation ».

Les efforts, j’aime pas ça!

Pour bien comprendre le mécanisme physiologique naturel de la surcompensation, il faut tenir compte de notre nature profonde. Si l’on est sain d’esprit, on n’aime pas vraiment se mettre en situation difficile ou d’effort. Nous avons plus tendance à économiser notre énergie qu’à la dépenser. En effet, en bon gardien du temple du corps, le cerveau protège au maximum les ressources dont il dispose. Pour cela, il veut fonctionner à l’économie dès que possible.

Vous avez certainement déjà ressenti notre capacité à inventer des excuses pour mettre fin à un effort prématurément (ou carrément pour ne pas le produire). Derrière ce mécanisme, se cache un phénomène naturel de protection de notre corps. C’est comme si notre tête n’était pas capable d’estimer si nous disposons de suffisamment d’énergie pour un effort donné. C’est un instinct naturel, par prudence, elle veut tout faire pour éviter l’effort et économiser de l’énergie afin de pouvoir faire face à une éventuelle nouvelle difficulté.

En résumé, en soumettant notre corps à un effort physique ou mental, nous lui faisons subir une tension/un stress. Pour y faire face, nous puisons dans nos réserves ce qui engendre une décharge d’énergie. Le sentiment de fatigue s’installe alors progressivement. C’est là que ça devient intéressant.

Réconfort après l’effort

Une fois l’effort terminé (disons qu’il a été réalisé jusqu’au bout ;)), nous ressentons un besoin de repos. En fait, le corps ne doit pas vraiment se reposer mais « récupérer ». Le terme de récupération est, en effet, plus juste car il exprime l’idée d’un retour à l’équilibre (la tension disparaît).

A ce moment, nos muscles et notre tête ont besoin de retrouver de l’énergie. La tension induite par l’effort a pris fin et l’organisme va recommencer à stocker de l’énergie (et à réparer les petits bobos) pour progressivement retrouver une situation stable (sans effort/tension). Contrairement à ce que l’on pourrait croire, ce n’est ni la période d’effort ni celle de récupération qui vont permettre de progresser mais la période qui suit, celle de la surcompensation.

La magie de la surcompensation

Lorsque la tension due à l’effort disparaît, le corps retrouve progressivement son point d’équilibre. Il va (enfin) pouvoir réagir. Ayant été soumis à une difficulté, il agit afin de mieux pouvoir gérer le prochain effort. C’est un peu comme si il se disait « Pas deux fois! Comme j’ai souffert, je vais me préparer un peu mieux pour le cas où il y aurait un prochain effort à fournir».

Lors de cette phase, que ce soit au niveau mental ou musculaire, le corps se renforce (zone verte sur le graphique ci-dessus). Le mental devient plus fort: il prend confiance, se tonifie, crée des liens (des nouvelles connexions apparaissent ente les cellules)… Le physique aussi se renforce: développement musculaire, amélioration respiratoire etc.

C’est donc à la suite d’un effort que l’on progresse et non pendant. Vous lézardez dans votre fauteuil devant la TV? Parfait, vous progressez! (si vous avez fait un effort préalable, bien sûr)

C’est aussi ce qui explique qu’une tâche nous semble difficile quand elle est nouvelle alors qu’avec de la pratique l’effort semble moins difficile. Ce phénomène est aussi à la l’origine de régression dans certaines circonstances. Par exemple, si vous courez régulièrement la même distance sur le même parcours, vous allez finir par régresser. Le corps n’étant plus soumis à un stress (il connaît parfaitement le niveau d’effort à fournir), il ne cherche plus à se protéger de l’effort et ne progresse plus. Résultat, la surcompensation ne se met plus en place et on régresse.

Alterner phases d’effort et de recup’

Pour bénéficier durablement de ce mécanisme et progresser, il faut donc:

 

Ce mécanisme est à la base de ma ligne de conduite personnelle « Plus fort qu’hier ». Jour après jour, je tente de réaliser des choses qui me rendent plus fort. Cela vaut aussi bien en courant qu’au boulot.

 

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